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Secrets de famille, Secrets de famille : Au cœur du monde juif
EAN13
9782356380531
ISBN
978-2-35638-053-1
Éditeur
XXI
Date de publication
Collection
Revues (20)
Nombre de pages
210
Dimensions
29,8 x 20,2 x 1,5 cm
Poids
655 g
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Secrets de famille

Secrets de famille : Au cœur du monde juif

Xxi

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Dans l'intimité des fratries, il est parfois des pages occultées. Lorsqu'elle surgissent du néant, elles donnent le vertige. Adrien Jaulmes a rencontré une jeune documentariste de Tel-Aviv qui s'est découvert une famille palestinienne. Justine Augier a passé des jours avec un couple mixte confronté au piège de l'identité. Renaud Lavergne a sillonné l'Ukraine sur les traces d'arpenteurs venus du monde entier recréer les vies de disparus.

SOMMAIRE :

- L’armoire aux lettres
- L’enfant de l’amour
- Les arpenteurs
- Les Robinsons d’Amérique
- La double vie de Krys
- Le diplomate du 9-3
- A la reconquête de Gela
- Le Thé ou l’Électricité
- Enquête sur Dawood Ibrahim
- Entretien avec Rithy Panh
- Les revenants
- "L’énigme du serpent et de la muraille"
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Revue XXI (ving et un) n°20 - Automne 2012 - Sommaire et édito

Revue XXI (ving et un) n°20 - Automne 2012 - Sommaire et édito

L’autobiographie de Raymond Loewy La laideur se vend mal (Éd. Gallimard) est un classique des écoles d’art. Chaque année, des centaines d’apprentis graphistes se plongent dans ce petit livre drôle et désuet, écrit en 1952, qui retrace la trajectoire d’un jeune Français, curieux et touche-à-tout. Débarqué à New York avec vingt dollars en poche après la Première Guerre mondiale, Raymond Loewy est vite devenu le plus grand designer de l’American way of life. Locomotives, voitures, machines en tout genre, électroménager, Loewy a embelli la consommation. Il dessina le Frigidaire – le modèle de réfrigérateur le plus vendu pendant trente ans –, l’élégante Studebaker sport, qui inspira la ligne de toutes les voitures américaines de l’après-guerre, ou le paquet de cigarettes Lucky Strike, avec sa cible rouge jaune et noire.

Au détour d’un chapitre, le lecteur de 2012 découvre avec surprise son éloge du journalisme américain, dont il exalte « le souci de l’exactitude et du fair-play » et « les milliers de journaux fonctionnant selon des principes d’honnêteté, de loyauté et d’intégrité professionnelle ». Raymond Loewy raconte : « J’ai la chance de connaître un grand nombre de journalistes et j’estime qu’ils forment un groupe brillant de chic types à l’esprit vif et dynamique. […] Le domaine des magazines est peut-être le groupement professionnel le plus remarquable que j’aie eu le privilège de rencontrer. On y trouve un mélange fascinant de talent, d’humour et d’imagination. »

Soixante ans plus tard, cet enthousiasme détonne. On parierait que les Raymond Loewy d’aujourd’hui seraient bien en peine de confesser la même admiration pour les journalistes. La profession serait-elle peuplée d’hommes et de femmes moins intelligents, moins cultivés et moins drôles en 2012 qu’en 1952 ? C’est statistiquement peu probable.

En fait, la société a changé en profondeur – et la perception des médias avec. Une étude de l’université de Californie à San Diego a mesuré que la consommation d’information a augmenté de 350 % entre 1980 et 2008. Un Américain moyen absorbe plus de 100 000 mots chaque jour, sur papier ou sur écran. Ce score est évidemment décuplé pour les journalistes. Ils développent une dépendance physiologique à la lecture compulsive d’e-mails, SMS, dépêches ou « alertes ». Les scientifiques ont pu mesurer le taux de dopamine dans le cerveau : il augmente avec ces stimuli qui agissent comme une drogue. Sous tension permanente, tout se vaut, tout s’annule, le sens disparaît. Les méthodes industrielles de production de l’information renforcent encore la pente.

Comment trouver la fraîcheur, l’allant, la curiosité nécessaires ? Le journalisme a besoin de caractères, de fouille-merdes, de dandys, de dingos, de talents de plume, de regards. Il doute de tout et ne préjuge de rien. Il gagne à vagabonder et à suivre les chemins de traverse. Il surprend, détonne, décape, enchante. Il se fond dans la foule, pour mieux la raconter, s’approche au plus près des conflits, pour les comprendre.

À la rédaction de XXI, nous avons rencontré quelques-uns de ces caractères qui ne rentrent dans aucun moule. Des fêlés qui laissent passer la lumière, comme le disait Michel Audiard. Marie-Dominique Lelièvre a délaissé Françoise Sagan et Brigitte Bardot – ses précédents sujets de livres – pour suivre la trace d’une employée de maison aux Philippines. Jean-Philippe Stassen a rendu ses planches comme d’habitude l’avant-veille du départ à l’imprimerie. Célia Mercier a eu chaud au Pakistan – et ceux qui connaissent les services secrets pakistanais mesurent ce que cela veut dire. Anne Brunswic a quitté la Sibérie pour le 9‑3… Derrière chaque récit, il y a tout un monde.

Bref, c’est un numéro de XXI.

Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry

© Revue XXI