Conseils de lecture

L'art de perdre
22,00
par (Libraire)
16 septembre 2017

Authentique et Bouleversant

Un roman d’une puissante profondeur qui traite d’un sujet longtemps considéré tabou : la guerre d’Algérie et le rapatriement des harkis en France.
Sylvie Jeanne, lectrice.

« L’Art de Perdre » parle de l’Algérie coloniale et de la guerre d’indépendance qui mit des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants dans une situation des plus catastrophique. « …Ceux que le FLN a tués sont des traîtres à la nation algérienne et ceux que l’armée a tués des traîtres à la France. Ce qu’a été leur vie ne compte pas : c’est la mort qui détermine tout. » « Et tout l’honneur dont Ali aura fait preuve de son vivant disparaître d’un mouvement de lame pour l’afficher comme un traître mort.»

Le sort des harkis Kabyles n’était pas enviable, en 1962. Pris entre trois forces destructrices, l’armée française, le FLN et l’OAS, ceux qui purent émigrer (une infime partie) se retrouvèrent entassés dans des camps provisoires puis expédiés dans des fermes perdues où dans des hameaux forestiers, avant d’être implantés dans des cités urbaines à la périphérie des villes.

La plume éclairée d’Alice Zeniter nous entraîne dans une histoire bouleversante, celle de sa famille, où la peur a régné en maître absolu durant des décennies.

« -la peur de faire des fautes de français –la peur de donner son nom et son prénom à certaines personnes, surtout celles qui ont plus de soixante-dix ans –la peur qu’on lui demande en quelle année sa famille est arrivée en France –la peur d’être assimilée aux terroristes »

La guerre d’Algérie a fait des ravages et drainée des milliers de réfugiés qui ont été mal traités et parqués. Ne serait-ce pas encore d’actualité ? L’Histoire de l’humanité ne tournerait-elle pas en rond ?

Très belle saga familiale, d’une grande profondeur et emprunt d’humanité.


Le tour du monde du roi Zibeline
20,00
par (Libraire)
16 septembre 2017

enrichissante épopée

Une palpitante odyssée rocambolesque, tissée de faits historiques, joliment bien écrite.
Sylvie Jeanne, lectrice.
Quand un grand homme comme Benjamin Franklin, l’un des Pères fondateurs des États-Unis, inventeur du paratonnerre et homme de lettres, devient l’oreille attentive des aventures du roi Zibeline et de sa femme Aphanasie, nous ne pouvons être que « tout ouïe ».

« -Tant que votre récit me passionnera, vous serez les bienvenus. Soyez pour mes douleurs comme Shéhérazade pour la mort. Suspendez-les par votre parole. »

Le siècle des Lumières (éclairer les ignorants pour qu’ils bénéficient d’un savoir jusqu’alors refusé) est celui des intellectuels et des philosophes avant de baigner dans le sang de la révolution française.

Jean-Christophe Rufin nous enchante avec l’histoire d’Auguste Benjowsky, comte hongrois, voyageur aventurier, qui parcourut le monde à la vitesse des vents des mers et des océans, vivant de folles épopées pour finir roi de l’île de Madagascar.

« Il ne s’agit plus maintenant d’explorations mais de conquêtes. Dans les contrées du Pacifique nord, de l’Alaska au Japon où nous avons navigué il y a dix ans, les nations d’Europe se livrent désormais une guerre à outrance. »

Si, dans ses mémoires, Auguste Benjowsky se donne le bon rôle, nous ne pouvons qu’espérer qu’il ait vraiment vécu cette histoire d’amour avec la belle Aphanasie, lectrice de Diderot et féministe.

Intéressant, passionnant, émouvant.


Max et la grande illusion
22,50
par (Libraire)
16 septembre 2017

Enchanteur et émouvant

S’il est question d’illusion dans ce roman, elle n’est ni dans l’écriture, ni dans l’histoire.
Tout simplement magique !
Sylvie Jeanne, lectrice.

Nous avons tous besoin de croire pour que la magie s’installe dans nos vies.
Moshe et Max, que 78 ans séparent, ont un même but : l’amour éternel.
L’un est illusionniste, l’autre est perdu dans la dureté de la vie.
Les nazis gagnent les élections au moment où Moshe Goldenhirsch, quinze ans, est embauché dans un cirque comme ramasseur de crottin. Commence alors pour lui une vie merveilleuse d’errance et de découvertes. Par amour du cirque, mais aussi pour celui de la belle Julia, Mosche devient un grand illusionniste, un mentaliste réputé.
Mais, il n’est pas bon d’être Juif dans les années quarante en Allemagne.
« Le deuxième SS agita son doigt et dit : « Un devin comme vous ne devrait-il pas savoir qui frappe à sa porte ? »

La shoah a fait près de six millions de morts, Moshe s’en est sorti.

« De longues années plus tard, au début du XXIe siècle, dans le Nouveau Monde, dans la Cité des Anges, vivait un garçon du nom de Max Cohn ».

A l’occasion de la séparation de ses parents, Max, qui va bientôt fêter ses onze ans trouve dans les affaires de son père un vieux vinyle. Sur la pochette un personnage d’un certain âge, portant un turban et un sari, tient dans sa main droite une baguette magique.

«Le titre était noté en grosses lettres jaunes au milieu du disque - Zabbatini : ses plus grands tours ».

Mais le disque est rayé juste à l’endroit où le grand Zabbatini parle du sortilège de « l’amour éternel » et Max, qui ne supporte pas le divorce de ses parents, décide de retrouver le vieux magicien afin qu’il ensorcèle ses parents et recompose sa petite famille.

Une histoire extraordinaire aux rebondissements incroyables, écrite avec une candeur caustique déstabilisante et tellement ensorcelante que vous serez sous le charme.


L'enfant-mouche
21,00
par (Libraire)
16 septembre 2017

Authentique et poignant

Lire ce livre est un hommage à cette petite fille, Marie, perdue dans la guerre que se font les hommes. Tout simplement bouleversant, d’autant plus que l’histoire est celle de la mère de l’auteur. Sylvie Jeanne, lectrice.

Au Maroc, le mois d’avril 1944 s’annonce chaud et la syphilis décime les hommes de Casablanca. Pour qu’ils ne meurent pas de cette terrible maladie, Anne-Angèle, infirmière dans un dispensaire, injecte la malaria à ses patients. Un malade délirant la mord à la main droite au moment où un télégramme lui annonce l’accident de sa sœur, Mathilde, et son coma. « …mais il est trop tard, Anne-Angèle a été mordue, le mal est passé en elle, il est passé. Et c’est tout. » Cette femme asociale, fatiguée par des années de labeur, prend le premier bateau pour la France, puis le train. Elle se retrouve dans les beaux quartiers de Paris, chez l’employeur de Mathilde, un vieux militaire handicapé. La mort de celle-ci la met dans une situation délicate. Moyennant finance, elle accepte de falsifier des documents afin de sortir une petite fille, Marie, d’un orphelinat pour tenir l’engagement de sa sœur auprès de Faustina, une « effeuilleuse » de cabaret. « …j’ai eu une fille en arrivant à Paris, il y a quelques années de cela. Le fruit d’un amour de passage… Rapidement, je n’ai plus eu les moyens de payer ses braves paysans qui ont perdu confiance et remis le bébé à l’Assistance publique. »

Anne-Angèle se fait alors passer pour la tante de l’enfant et rentre au service du vieil homme en tant que dame de compagnie et aide soignante. La joie s’installe, le bien-être aussi, dans cette famille improvisée, même si Anne-Angèle ne peut donner à Marie ce qu’elle-même n’a jamais reçu : la gentillesse, la tendresse et l’amour.

Cette histoire commence presque en conte de fée. Malheureusement, l’acariâtre marraine n’a pas de baguette magique pour les sortir de l’horreur dans lequel Marie et elle vont glisser et s’enliser au fil de ces long mois de guerre. L’humiliation, le déshonneur et la maltraitance font corps pour abattre Marie et la faim devient son lot quotidien. Survivre et protéger sa tante atteinte de la syphilis, la poussent à se dépasser et à faire l’impensable.

Les médailles ne sont pas toujours décernées à ceux qui le méritent, hélas. Marie aurait dû en recevoir une pour sa courageuse ténacité.

C’était un sujet délicat à traiter, pourtant l’auteur nous offre une œuvre magnifique qui nous fait souffrir mais nous tient en haleine jusqu’au mot FIN.

Bravo, Monsieur Pollet-Villard, et merci de ce partage.


Ma reine
17,00
par (Libraire)
16 septembre 2017

Pur et Touchant

Shell n’est pas comme les autres enfants. Son Univers est rempli d’une douce innocence où se mélangent rêve et réalité, amour et cruauté. Un très joli conte moderne.
Sylvie Jeanne, lectrice.
Nous sommes en 1965, au cœur de la vallée de l’Asse, en Provence, dans une famille de taiseux, où la télévision occupe une place importante et où un garçon un peu simple, mais pas idiot, regarde le feuilleton « Zorro ». Il s’identifie à Don Diego de la Vega et se trouve une certaine ressemblance avec lui.
Shell, le nom qui est écrit sur le blouson qu’il porte à la station essence de son père, devient son surnom et comme il ne veut plus qu’on le considère comme un enfant, il décide de partir faire la guerre.
« J’avais un plan. A la guerre, je me battrais, on me donnerait des médailles, je reviendrais et là, tout le monde serait bien forcé d’admettre que j’étais un adulte, ou tout comme. »

Mais à la guerre, il faut un fusil et Shell trouve son arme.

« Je suis passé devant le canapé pour ouvrir la belle armoire en Formica et prendre le 22 paternel, celui avec lequel il tirait les lapins, et les quelques balles qui restaient dans une boîte. »

Il grimpe alors le chemin qui griffe la craie de la falaise d’un Z, comme le signe que laisse Don Diego sur le ventre des méchants et qui est la seule lettre qu’il connaisse, pour se retrouver sur le plateau, juste au-dessus de l’habitation de ses parents.

Il n’y trouve pas de guerre, mais Viviane, une drôle de fille, avec qui il va partager un monde où tout paraît possible.

« -Attend. Il y a des règles. D’abord tu ne dois pas me toucher sauf si je te le permets. Je suis ta reine. Jure. »

Commence alors une folle aventure où l’imaginaire se mêle à la réalité et où tout devient possible.

On se laisse porter par cette écriture délicate comme une feuille sur le souffle léger d’un été provençal.