Betty D.

Un monstre et un chaos
par (Libraire)
2 juin 2019

Un chant d'alertes

Le titre laisse présager la noirceur et la possible douleur, probablement l'indicible. On imagine difficilement l'horreur, on voudrait chaque fois s'en éloigner et la justesse des mots rappelle l'éternel recommencement de la fureur humaine. Le lecteur est atteint, happé de plein fouet par la prose poétique inoubliable, d'une force inouïe qui véhicule les images dans l'œil comme une succession de tableaux soudainement immortalisés. Hubert Haddad possède une puissance évocatrice hors-norme aussi fascinante que déchirante. Tel un marionnettiste et à l'instar de son personnage, il donne à voir et à entendre un conte littéraire de douleurs, de détresse, un chant d'alertes et de vérités annoncées pour qu'aujourd'hui la vague déferlante mortifère saturée de haine et de violences retombe et ne s'amplifie pas, pour qu'elle cesse. Ariel et Alter sont les enfants jumeaux attrapés par l'ogre furieux et cruel, fou et gavé de sang, insatiable. Les rêves ne sont plus que cauchemars et l'existence réside dans la survie. Le ghetto de Lodz instauré est devenu le terrain de poursuites arbitraires, de l'enfermement et des humiliations, de morts aléatoires et pourtant certaines. Survivent une forme de poésie réinventée et des spectacles clandestins qui offrent soudainement une palette de couleurs lumineuses au cœur de la folie meurtrière. Le gris et les ténèbres s'estompent au profit des ors et des rouges, les sourires et les rires apparaissent tandis que la désespérance et les peurs reculent quelques instants. Ce roman est d'une beauté pénétrante et poignante.

Propriété privée
par (Libraire)
2 juin 2019

Diabolique

Ce roman est sensationnel ! Brillant, élégant, d'une noirceur implacable, un tour de force littéraire magistral qui n'a de cesse d'aviver la méfiance du lecteur, de le pousser à élaborer des schémas et des suppositions, de le surprendre jusqu'au dernier mot. N'auriez-vous pas raté votre première lecture, manqué une étape, un mot, une réflexion, rejeté mentalement trop tôt un protagoniste ? S'agit-il d'un long délire imaginaire, une simple vue de l'esprit, disons, un peu diabolique ou un simple plan de construction chimérique ? Réjouissez-vous vous allez le lire une première fois et peut-être deux, on ne sait jamais...

Les Mal-Aimés
par (Libraire)
2 juin 2019

Duplicités

Roman noir qui pointe le doigt insistant sur les méfaits trop souvent oubliés et ordonnés des maisons de correction, des bagnes pour enfants en France à l'aube du 20è siècle. "Les mal-aimés" évoque ces enfants rejetés, abandonnés, condamnés et emprisonnés, asservis, maltraités considérés comme éléments troubles et perturbateurs des sociétés bien-pensantes de la fin du 19è siècle. Les maisons d'enfermement deviennent alors les lieux idéaux pour les adultes pour exercer sévices et privations de toute sorte et de toute folie. Et si les petits fantômes revenaient hanter les esprits et les maisons de ces villageois hypocrites et complices? Et si vous vous laissiez prendre par ce roman frappant?

Écume

Manufacture de livres

16,90
par (Libraire)
2 juin 2019

Dévoration

L'écume, ce sont les traces blanches ou blanchâtres laissées par la mer ou l'océan trop agités quand surviennent le vent et la colère. C'est la colère des éléments qui s'associe aussi à la colère humaine, celle du père, furieux de lui, de tous et de tout. "Ecume" n'est pas un roman maritime au sens classique et doux du terme. Vous ne serez pas bercé par les flots, plutôt par les grondements des moteurs, les raclements des fonds marins jusqu'à saturation. Vous entendrez les hurlements furieux les nuits de tempête, le combat d'un homme contre lui-même, contre les eaux, contre les plausibles dieux. C'est le roman d'une passion dévorante, d'une folie entretenue, d'une fuite inéluctable et c'est extraordinaire!

Grace, Waiting for the death wind

Waiting for the death wind

Albin Michel

22,90
par (Libraire)
2 juin 2019

Grâce, beauté et tragédie honorent ce nouveau roman de Paul Lynch. La poésie surgit de la noirceur, accentue les ombres et la lumière, donne à voir et à imaginer les ombres humaines fragilisées durant la famine en 1845 en Irlande. Ces paysages de désastre littérairement somptueux hantent le lecteur cheminant avec Grace. Ces longues années d'errance sous le poids du rejet, de la famine et des peurs éprouvent la jeunesse de Grace, trop vite grandie, trop vite éclose dans une société affamée, appauvrie et livrée à la violence.