Fondée en 1927, la librairie Richer met à la disposition de ses clients 85 ans de savoir-faire. Une surface de vente de 1200m2 qui propose un fonds riche en qualité et varié en nombre de références représentant toutes les spécialités de librairie.

Angéline M.

Les Éditions du Sonneur

par (Libraire)
17 septembre 2012

La jeune femme au luth

Fait inhabituel, le héros de ce livre n'est pas un être de chair auquel on s'attacherait et prêterait les sentiments les plus divers mais un tableau, La jeune fille au luth, de Vermeer. C'est donc l'histoire du vol de ce tableau, orchestré par l'IRA qui nous est racontée ici à travers le journal de Patricia Dolan, prise malgré elle dans la tourmente d'un acte politique. Américaine d'origine irlandaise, vulnérable après une rupture, elle se laisse séduire par un cousin éloigné qui en réalité avait tout planifié pour la faire tomber dans ses bras et dans son piège machiavélique. Au fil des pages, Patricia nous révèle de quelle manière elle s'est laissée piégée, comment la peinture flamande a changé sa vie. Un huis clos très agréable à lire mêlant histoire de l'art, complot politique et au dénouement tout à fait inattendu.

par (Libraire)
17 septembre 2012

La solitude des nombres premiers

Il est ici question d'Alice et de Mattia, au milieu des années 80, chacun de leur côté dans deux récits parallèles, subissant la méchanceté que peuvent avoir les enfants entre eux. Tandis qu'elle subit un grave accident qui va l'handicaper et la démarquer à jamais du reste du monde, Mattia élimine lui une part de lui même... On les retrouve plus tard, à l'adolescence lorsqu'ils se croisent enfin et cette rencontre est une évidence, ils se reconnaissent d'emblée sans jamais se le dire, les mots sont superflus ; ne reste que la présence de l'autre, un peu rassurante mais jamais suffisante. "Les autres furent les premiers à remarquer ce qu'Alice et Mattia ne comprirent qu'au bout de nombreuses années. Ils pénétrèrent dans la pièce main dans la main. Ils ne souriaient pas, leurs regards suivaient des trajectoires différentes, mais on aurait dit que leurs corps coulaient l'un dans l'autre à travers leurs bras et leurs doigts joints." On les retrouve ensuite à l'entrée à l'âge adulte, toujours par alternance, Alice mariée mais toujours en proie à l'impossibilité de communiquer sur un quelconque désir et Mattia incapable d'envisager la vie autrement que de manière mathématique. Côte à côte mais jamais ensemble, pourront-ils faire route commune un jour ? « La solitude des nombres premiers » est un roman que l'on dévore, un de ces romans que l'on ne voudrait pas refermer pour continuer à faire un bout de chemin avec des personnages auxquels on s'est attaché. Grâce à une écriture incisive, sans fioriture, presque clinique on est happé par l'étrangeté des personnages et l'on reste troublé par le voile de mystère qui enveloppe certains destins voués à rester solitaires.

par (Libraire)
17 septembre 2012

Fille noire, fille blanche

Dans ce nouveau roman, Joyce Carol Oates nous offre une plongée au coeur de l'Amérique des années 70, tout juste émergente des luttes contre la ségrégation raciale. Les deux personnages principaux se rencontrent à l'université : Genna, la fille blanche est un pur produit de la classe favorisée tandis que la fille noire, Minette, fille de pasteur a obtenu une bourse et vient d'une famille modeste. Genna est pleine d'humilité, de bonne volonté de camaraderie et tente par tous les moyens de se faire pardonner sa condition de privilégiée ; elle voudrait voir en sa campagne de chambre le symbole vivant des combats de son père avocat militant. Mais Minette, elle se replie ostensiblement et refuse toute assimilation de couleur de peau ou toute confrérie universitaire. Or bientôt des insultes sont proférées à son encontre puis ses affaires personnelles sont souillées et enfin les bousculades jusqu'à la tragédie finale. Roman très fin sur la condition des jeunes filles dans les années 70, la perte de ses idéaux et au centre du roman la question du racisme et de l'intégration sociale.

par (Libraire)
17 septembre 2012

Inapte à dormir seule

Eva a 30 ans et est sur le point de se marier. Dans la voiture teintée où doit la rejoindre le rabbin, elle se rappelle tout le chemin parcouru : sa famille inconséquente, mal-aimante mais omniprésente, ses amours infantilisantes et toujours cette difficulté à rentrer dans le moule... jusqu'à la rencontre avec Laurent. Cela va changer sa vie en dépit des tempêtes intérieures et mauvais sorts jetés par des aïeules pas vraiment ravies de la voir épouser "un goy dans son jus". Ce n'est pas seulement un joli roman d'amour, c'est aussi la composition et recomposition au gré des mariages successifs d'une famille juive déracinée. Très touchant, ce roman nous plonge au plus près du coeur d'Eva, de son évolution vers l'accomplissement d'une femme enfin adulte.

par (Libraire)
17 septembre 2012

Rien ne s’oppose à la nuit

Dans ce récit-roman, l’auteur nous déroule la vie de sa mère, Lucile,  enfant mannequin vedette noyée au milieu d’une fratrie de neuf enfants. Puis les morts se succèdent, accidentelles puis suicidaires elles frappent inéluctablement toute la famille dans la tragédie. Lucile plonge alors dans une dépression qui atteindra son paroxysme avec des crises de paranoïa qui forceront la narratrice à l’interner. L’auteur nous raconte la vie de sa mère, trop belle et trop fragile, les implications terribles qu’elle a eu dans sa propre vie et comment elles ont essayé de se construire malgré tout. Un très beau livre porté par une écriture pleine d’affection et de réalisme, un regard d’une fille envers sa mère.