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Yv

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Je lis, je lis, je lis, depuis longtemps. De tout, mais essentiellement des romans. Pas très original, mais peu de lectures "médiatiques". Mon vrai plaisir est de découvrir des auteurs et/ou des éditeurs peu connus et qui valent le coup.

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17 juin 2020

Roman qui parut en 1930, fut traduit en français en 1936 et dont le titre changea quelques années plus tard en le célèbrissime Le faucon maltais (le titre original est The Maltese falcon). Passé à la postérité en 1941 grâce au film de John Huston avec Humphrey Bogart en Sam Spade. Malgré cela, je ne l'avais pas lu et le film est très lointain dans ma mémoire.

Le faucon de Malte est le troisième roman des six qu'écrira Dashiell Hammett après avoir publié pas mal de nouvelles. C'est lui qui révolutionna le genre policier. Il n'y a plus ni bien ni mal, Sam Spade est un détective qui cherche certes la vérité, mais peut s'en arranger si ça l'avantage. Grand buveur, bagarreur, dragueur, il n'hésite pas à se servir des autres pour parvenir à ses fins. C'est aussi l'apparition des femmes qui ne se cachent pas, entre femme-enfant et vamp, Effie Perine, la secrétaire de Sam est ainsi décrite : "La jeune fille, bronzée, grande -une fausse maigre, portait une robe de lainage mince qui moulait ses formes comme un drap mouillé. Ses yeux bruns riaient dans un visage enfantin."

Régulièrement classé dans les polars marquants, je vais -une fois n'est pas coutume- dans le sens commun. Court, rapide, incisif dans les dialogues, noir, tout est excellent. Personne n'est tout noir tout blanc sauf peut-être Effie Perine. On s'attend à tout moment à un bouleversement. Les personnages sont brièvement décrits, le reste, il faut le chercher entre les lignes, dans les réparties et c'est assez aisé. Pour l'intrigue, Dashiell Hammett distille des indices sans les expliquer, ça intrigue, évidemment. Les explications suivent quelques pages plus loin et tout s'emboîte parfaitement, jusqu'à la fin.

Ce roman mythique débute ainsi révélant d'emblée l'ambivalence du personnage principal : "Sam Spade avait la mâchoire inférieure lourde et osseuse. Son menton saillait, en V, sous le V mobile de la bouche. Ses narines se relevaient en un autre V plus petit. Seuls, ses yeux gris jaune coupaient le visage d'une ligne horizontale. Le motif en V reparaissait avec les sourcils épais partant de deux rides jumelles à la racine du nez aquilin, et les cheveux châtain très pâle, en pointe sur le front dégarni, découvrant les tempes. L'ensemble du visage faisait penser au masque sardonique d'un Satan blond."

Psycho investigateur 1 : L'héritage de l'homme-siècle

Courbier, Erwan

Éditions Petit à Petit

15,90
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17 juin 2020

A peine remis de son aventure précédente, et sous la menace d'un procès retentissant, Simon Radius est contraint d'entrer dans les souvenirs d'un presque centenaire à la mémoire défaillante qui ne cesse de parler à son fils d'un trésor. Assisté par Maud, Simon entreprend le voyage au pays des souvenirs de l'homme-siècle, mais ce qu'il va découvrir le troublera durablement.

Le redoutable duo Erwan Courbier au scenario et Benoît Dahan au dessin récidive pour ce tome 4 de cette excellente série tortueuse, dans les arcanes du cerveau et de la mémoire. Très documentée, je ne saurais pas dire ce qui est inventé de ce qui se passe réellement dans nos cerveaux. Sans doute les auteurs ont-ils inséré de la réalité dans leur imaginaire ou vice-versa. Simon Radius voyage physiquement dans les souvenirs du vieil homme et ce n'est pas de tout repos pour lui. Il y a des pages somptueuses, comme l'intérieur du château du Perthuis, que l'on visite en même temps que Maud et le psychanalyste. Le jeu avec les cases de tailles différentes, les plus grandes recelant une foultitude de détails parfois anodins, mais parfois importants. C'est une bande dessinée originale, très inventive, entre fantastique et policier. Une BD bizarre qui ne plaira pas à tous, il faut avoir envie de découvrir, d'être curieux et ouvert. Si vous avez cela, aucun doute, elle vous siéra.

Dahan/Courbier

Éditions Petit à Petit

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17 juin 2020

Simon Darius est psychanalyste, psycho-investigateur auto-proclamé. La capitaine Sandra Brody fait souvent appel à lui, au grand dam de son collègue, le lieutenant Padovani et de ses supérieurs qui considèrent Simon comme un charlatan. Il faut dire que sa méthode n'est pas banale : il entre dans les souvenirs conscients ou inconscients des gens pour cibler la vérité et les confondre ou les innocenter et les soigner. Mais ce que réussit Simon sur les autres, il ne parvient pas à le faire sur lui-même, accablé depuis deux ans par la disparition de Dora, sa femme.

Trois tomes dans cet album : Les fantômes de la culpabilité, Les voies étouffées, Les portes dérobées. Et bonne idée de les réunir, car il y a un fil rouge, celui de la disparition de Dora. Si les enquêtes ne sont pas originales dans le fond, la forme, qui prime l'est totalement. D'abord, la manière qu'a Simon d'entrer dans les cerveaux des gens est étonnante : il voyage physiquement dans leurs souvenirs. Puis, il lui faut assembler les pièces du puzzle ainsi récoltées. Les scénarios sont subtilement tortueux et les personnages finement décrits. C'est drôlement bien raconté. J'imagine la recherche documentaire sur la psychanalyse, les rêves, les troubles mentaux, ... fort bien restituée.

Et le plus de cet ouvrage, c'est indéniablement le dessin. Comment dire autrement que somptueux ? Benoît Dahan joue avec les couleurs, les cases, plus ou moins grandes et nombreuses par page pour différencier la réalité des souvenirs des patients et suspects. J'en suis encore tout retourné tant j'ai adoré. J'ai découvert Benoît Dahan avec Dans la tête de Sherlock Holmes, dont je parlerai ici plus tard, car il fait partie d'une sélection pour un Prix reporté pour cause de virus et qui m'avait bluffé lui aussi. Ce dessinateur invente, innove, il a une patte personnelle remarquable et identifiable.

Dernière précision : ce volume est en rupture de stock chez Physalis, il devrait être réédité chez Petit à petit à l'automne, excellente maison qui a fait paraître le tome 4 de Psycho-investigateur dont je parle très très bientôt. Et bonne nouvelle, sur le site de l'éditeur, on peut se tenir informé de la prochaine parution. Elle est pas belle la vie ?

Bordin Guy

Maia

19,00
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17 juin 2020

Le narrateur et Jean, son cousin maître de conférences en Histoire moderne passent l'été -dans les années 80- dans un chalet isolé en Bretagne pour travailler à la préparation d'un livre. Le jeune homme est épris de Jean -mais point de réciprocité- qui lui parle de ses années au Canada et de sa découverte des Esquimaux. Le séjour studieux se transforme vite en malaise pour le narrateur amoureux d'un homme qui ne le lui rend pas.

Texte dans lequel la passion amoureuse et la tension érotique sont présentes du début à la fin. Elles sont dans tous les paragraphes, dites ou devinées. Elles hantent le jeune homme au point de lui faire avoir des hallucinations terriblement réalistes après que son cousin lui a raconté que les Esquimaux "pouvaient avoir en certaines circonstances une vie sexuelle avec, selon une traduction française approximative, des partenaires virtuels ou fantasmatiques, des mots un peu flottants. En gros, lorsqu'une personne A s'entiche d'une personne B et y pense trop, la convoite avec ardeur, en est diablement obsédée, il peut arriver que l'être secrètement aimé B se révèle à A sous une forme fantasmatique. Les rencontres intimes surviennent par la suite lors de contextes variés, mais uniquement quand A est seul..." (p. 25/26) Ce passage est le déclencheur des visions intimes du jeune homme qui ne vont plus le lâcher pendant le séjour en Bretagne.

Le texte est court et beau, rapide, il prend des airs de polar lorsqu'un chef scout disparaît, s'aventure dans l'érotisme et dans le fantastique avec cette histoire inuite d'amant fantasmatique. L'écriture est soignée, travaillée, elle est fluide, coule naturellement. Je la ressens ainsi, mais l'auteur s'est peut-être arraché les cheveux à la rendre telle, ça ne se sent pas.

Guy Bordin est ethnologue et réalisateur et connaît bien le monde inuit. Il a écrit pas mal d'articles scientifiques et a coréalisé huit films. Ce roman est son premier texte de fiction, essai transformé. A noter qu'il peut gêner certains par la tension sexuelle qui l'habite et qu'il est inaccessible aux homophobes.

Michel Audiard, Le livre petit mais costaud

Le livre petit mais costaud

Hugo Image

18,50
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9 juin 2020

Michel Audiard est né le 15 mai 1920, il y a donc tout juste cent ans, et décédé le 28 juillet 1985. Beaucoup de livres ont été écrits sur lui, sur ses films, sur ses dialogues. Celui-ci permet de (re)découvrir la vie et l’œuvre de cet inventeur de formules passées à la postérité. Ses amitiés avec les acteurs : Jean Gabin, Lino Ventura, JP Belmondo, Jean Carmet, Bernard Blier, Michel Serrault, Mireille Darc... sont basées sur les mots, la bouffe et le vélo pour certains. Quelques brouilles, jamais longues.

Audiard, c'est le cinéma populaire des années 50/60/70 : les flics, les truands, les paumés, tous ceux qui ont quelque chose de particulier, un truc pas comme les autres. A travers ce livre, on revoit tous les films, pas toujours bons, mais qui me font toujours sourire. Phlippe Lombard ne peut pas éviter de citer certaines répliques devenues cultes :

"Quand les types de 130 kilos disent certaines choses, ceux de 60 kilos les écoutent."

"Je suis ancien combattant, militant socialiste et bistrot, c'est te dire si dans ma vie j'ai entendu des conneries, mais des comme ça, jamais !"

"Dans des circonstances que je tiendrai secrètes, une personne dont je tairai le nom m'a dit des choses que je ne peux pas répéter. Mais en gros, comme ça, l'idée serait de vous envoyer contre un platane. Flac ! Comme une crêpe !"

Et je passe volontairement les plus connues, sur les cons, la dissémination façon puzzle,

Dans les années 80, suite à la mort accidentelle de l'un de ses fils, Audiard devient plus grave, il change de registre, c'est notamment Garde à vue.

Le livre de Philippe Lombard se déguste linéairement ou pas, on peut choisir sa période, ses acteurs ou réalisateurs fétiches. Il liste tous les films d'Audiard et sa participation, scénariste, dialoguiste et réalisateur, il y en a même des connus dont j'ai oublié qu'il était dialoguiste. A garder pas loin de soi pour les futures soirées, lorsque comme moi, on ne retient pas les répliques par cœur. Je suis toujours stupéfait et admiratif de ceux qui peuvent citer des tirades, des répliques, des citations sans pense-bête.