Librairie Coiffard ..

L'ami
20,90
11 décembre 2019

Conseillé par Célia

Un roman qui a du chien!

Au décès de son meilleur ami, la narratrice se voit confier le chien de celui-ci. Aucune des trois anciennes épouses ne souhaite garder le molosse, c'est donc un soulagement pour elles de laisser le chien à l'amie du défunt, qu'elles sont toujours considérée comme une intruse ou un danger.
L'animal, surnommé Apollon, est tout de même un grand danois faisant la taille un poney... La cohabitation s'annonce difficile dans le minuscule appartement de la narratrice, d'autant plus que son bail lui interdit normalement de prendre un chien.

Tous deux gèrent leur deuil à leur façon, l'un en grognant quand on veut le déloger du lit, l'autre en se consacrant à l'écriture et à son travail de professeur universitaire.
Mais peu à peu ils vont s'apprivoiser, se lier, se soutenir mutuellement et préserver, en quelque sorte, la mémoire de leur ami commun.

Un roman surprenant et décalé sur le deuil qui nous touche par ses personnages attachants, en particulier ce grand chien endeuillé qui est une belle représentation des liens humains-animaux qui peuvent se tisser.
On y trouve également toute une réflexion sur la littérature et de belles références puisque la femme et son ami disparu sont tous deux professeurs de lettre à l'université.

Les Yeux rouges
17,00
11 décembre 2019

Conseillé par Célia

Attention, roman coup de poing de cette rentrée!

Lorsqu'un homme contacte une jeune femme via Facebook, se disant admiratif de son travail de journaliste, celle-ci ne voit pas le danger qu'il pourrait y avoir à lui répondre.
C'est alors un piège qui se referme peu à peu sur elle. Les messages se font de plus en plus insistants, toujours flatteurs dans un premier temps. Il se confie sur sa vie, la rassure quand à ses intentions – pour autant il n'hésite pas à lui faire un peu de rentre dedans – et s'agace de ses réponses évasives.
Un soir, ils se rencontrent par hasard à un concert, ce qui envenime encore l'obsession de l'homme. Il commence à la traquer sur tous les réseaux. Lorsqu'elle dit enfin stop, tout part en vrille et débute un véritable lynchage médiatique. D'insultes publiques en harcèlements dissimulés, il contamine de plus en plus les pensées de la jeune femme. Même ses proches commencent à être lassés de toujours entendre parler de cet homme, ils lui conseillent simplement de passer à autre chose.
Le harcèlement continue, jusqu'à ce qu'elle finisse par craquer...

En un mot, ce livre est obsédant. On le lit d'une traite, partagés entre horreur et répulsion.
Nous sentons dès le début que les intentions de l'homme ne sont pas claires et nous nous retrouvons coincés dans la position de spectateur, impuissants. Nous assistons à l’installation d’un malaise de plus en plus pesant. Puis nous sommes glacés, horrifiés par le piège qui se referme et par la dangerosité des réseaux sociaux.

Une fille sans histoire
11 décembre 2019

Conseillé par Célia

Après les attentats du Bataclan, certaines personnes se sont fait passer pour des proches de victimes afin de se retrouver au cœur des évènements.
C'est de ces faits réels que Constance Rivière s'inspire pour créer l'histoire d'Adèle.

La jeune femme assiste de sa fenêtre au ballet des ambulances et de la police après l'attentat du Bataclan. Elle qui habite tout près aurait pu y être. Ce triste constat l'arrache à l'inactivité dans laquelle elle était plongée depuis son licenciement. Elle suit les informations toute la nuit, choquée, fascinée. Dans la foule des victimes annoncées, elle reconnaît un visage, celui de Mattéo un habitué du bar dans lequel elle travaillait. Débute alors une curiosité morbide qui va la pousser à se rendre près des victimes et à se faire passer pour l'une d'elle, en tant que « petite amie » de Mattéo.
Elle se retrouve en cellule de soutien psychologique avec les parents du jeune homme, qui n'ont, évidemment, jamais entendu parler d'elle. Plongés dans le deuil, ils ne vont pas chercher à en savoir plus sur elle. Alors Adèle s'implique de plus en plus, elle se sent devenir utile dans le soutien et la défense des victimes. Elle prend beaucoup de place, quitte à évincer les parents du garçon et s'approprier leur deuil.
Tout aurait pu continuer ainsi si, guidée par son instinct maternel, la mère du défunt n'avait pas décelé des incohérences, des maladresses dans l'attitude de la jeune femme. Jusqu'à finalement alerter les autorités.

Une lecture perturbante qui met en exergue le voyeurisme et la curiosité morbide qui peut être lié aux flux importants d'informations qui existent dans notre société actuelle.

Ici seulement nous sommes uniques

Avel, Christine

Buchet-Chastel

16,00
11 décembre 2019

Conseillé par Célia

Gros coup de cœur pour ce roman qui donne des envies de liberté !

Nous avons tous, dans nos souvenirs de vacances, des lieux magiques qui nous ont marqués.
C’est le cas pour les jeunes enfants que nous découvrons dans ce roman.
Chaque été, leurs familles se retrouvent sur une île à « la maison des fouilles » - proche d'un site archéologique, comme son nom l'indique. Certains parents étant archéologues, ils se focalisent sur ces recherches pendant les deux mois d'été. De fait, les enfants sont souvent livrés à eux-mêmes et bénéficient d'une grande liberté.
Ils connaissent sur le bout des doigts leur « territoire », expérimentent, s'amusent, se comprennent d'un seul regard. Été après été, leur communauté, toujours plus soudée, grandit.
Les envies et les habitudes évoluent, leurs liens sont moins instinctifs. La vie prend peu à peu le pas sur leurs merveilleux souvenirs. L'île change, s'adapte aux attentes des touristes – perd son aura indomptable. Même les fouilles, véritables labyrinthes de leur enfance, deviennent moins impressionnantes. La vie continue, mais pour toujours, les étés garderont ce côté indicible, secret, merveilleux.

"Ici seulement nous sommes uniques" est un roman touchant, qui résonne en chacun de nous par ses thématiques universelles. On y parle des souvenirs fabuleux liés à l'enfance, de la découverte et des amitiés qui se passent de mots... et puis les changements, que l'on ne peut éviter, à regret.

Civilizations
11 décembre 2019

Conseillé par Célia

Un roman historique incroyable où Laurent Binet s'attaque à un pan entier de l'Histoire et la réécrit totalement.

Dans cette version alternative, des vikings, dirigés par la fille d'Erik le Rouge, parviennent jusqu'en Amérique lors de leurs excursions.
Ils sont accueillis par des peuplades généralement pacifiques, hélas une étrange maladie semble les suivre, provocant une épidémie de morts à leur passage. Pour fuir ce fléau, ils descendent toujours plus le long des côtes de l'Amérique du Sud. Ils finiront par s'établir au Pérou, où leurs croyances et leurs savoir faire (notamment la maîtrise du fer – qui leur apportera les armes) marqueront durablement les peuples qui les côtoieront.
L'Histoire se poursuit, mais dans cette version Colomb ne découvre pas l'Amérique en 1492 et les conquêtes ne vont pas exactement se passer comme on les a connu, les peuplades ayant désormais les moyens de se défendre.
Enfin, en 1531, les Incas envahissent l'Europe.

Ce récit, documenté sur les moindres détails, propose une alternative plausible et surprenante de l'Histoire, qui aurait pu faire complètement basculer le continent européen comme on le connaît de nos jours. L'écriture de Laurent Binet est fluide, nous emporte et nous tient en haleine tout le long du récit. Parfait pour tous les amateurs de romans historiques !