L'esplanade, retouches
EAN13
9782246767312
ISBN
978-2-246-76731-2
Éditeur
Grasset
Date de publication
Collection
LITTERATURE FRA
Nombre de pages
122
Dimensions
1 x 1 x 0 cm
Poids
140 g
Langue
français
Code dewey
841
Fiches UNIMARC
S'identifier

Offres

BERNARD GRASSETL'ESPLANADEDANIEL BOULANGER de l'Académie GoncourtÉditions Grasset & Fasquelle1Depuis peu j'habite impasse de l'Avenir, un cul-de-sac en appendice à l'Esplanade. On y entend de temps à autre la plainte d'une chatte amoureuse ou les hoquets de l'eau souffrant dans les conduites. Quand je sors les lointains sont là. Je respire. C'est vaste et je ne manque jamais de saluer le garde dans son pavillon en forme de lanterne. On en tire un banc. Nous nous asseyons et nous nous posons des questions sur les promeneurs. Il en naît des réponses qui nous interrogent à leur tour. Par exemple, hier un individu qui paraissait nerveux nous demanda l'heure. Mon ami montra du doigt l'horloge publique en soleil sur l'obélisque du bassin où l'eau dort sur elle-même. Pas un mot, nul merci, mais à l'instant même et d'un seul élan, le garde et moi nous parlâmes du cadran solaire et de ses nuits.retouche à l'abécédairede ses doigts miellés par le havanemon âme a caressé les lettreset près de fleurs nouvelles se pavanerêvant d'autres à naîtreretouche à l'abriau relais du soleil ventrul'automne cavalier s'effondrele vent à voix de vieille dame grondeun chœur de jeunes fillesdans les feuilles qui tombents'ouvre l'œil du chevalécrin pour le reste du monderetouche à l'absencele soleil au bras du silencedans leur travail de deuil sommaireces villes au mur d'une époqueoù l'on draine encor le peuple immensesans l'horreur de l'horaireretouche à l'accommodementdepuis quelque temps le matin titubele soir ma lampe bat des cilssouvent la sphère tourne au cubeaussi de mon décembre ai-je fait un avrilretouche à l'achèvementquelconque ou d'emphasele même point finit la phraseretouche à l'admirationpareille aux fleurs dans le sulfure d'un poèmeretouche à l'adversairele temps voit dans mes jours de vaines forteressesqui tombent quand il fuitretouche à l'album familialles vieux penchés devant l'âtrerecherchent une datele feu à quatre pattestaquine l'ombre à longue natteretouche à l'apaisementfalaise à la vague de craieun seul oiseau te repoussele soir passe en contrebandeet laisse des couronnes de nuagessur la dalle de la meret la lumière prend l'odeur d'un arbre foudroyéretouche à l'archéologied'argile et sel portique de la mer fossilele vent pris de folie veut oublier les palmesaussi la reine à l'émeraudequi s'offrait nue à des vagues habilessous un vol de grues couronnéeset tout s'éteint sous la montée du sableretouche à l'attentemême le jour est pâledéfunte au bout de la jetéeattend du vent quelque miroboléel'orage est sur ses grands chevauxl'ordre viendra d'en hauton croirait à l'infinité fondamentaleretouche à l'autismesans ascendancesans descendancece vers obscur si clair à sa naissanceretouche à l'aveniril se fait vieux et s'adosse au fond de l'impasseà la porte en trompe l'œil du néantretouche à la bisedevant les peupliers séminaristesen ligne sur la rivel'Oise allongée se mêle au soleil vertque cingle une aile d'ange curieuxdevant ma cheminée j'écoutele feu raconte sa jeunesseil a la langue bien pendueretouche beauceronnecroque au cieldu four de midi champ de bléta galette m'a rassasiéjusqu'au déclin du jourretouche beauceronne (2)la ferme aux yeux graves dans sa robe de blépardonne au soir voleur qui fuit et perd son orassis près de la table attendant les commisl'ancêtre dort face à la porte ouvertela bonne au goût de lait apporte les couteauxle chat est déjà dans la nuitretouche à la beautél'ensemble avide de détailssoudain n'a plus faimretouche à la beauté (2)l'arrêtsous un diadème d'éclairs surprisretouche au bonheursous la blancheur de fleurs de cerisierbel infirmier rêvant de rougeretouche au calvairecrochet pour l'horizon penchépar un bond d'âme en fuiteon ne voyait sur le désert des blésqu'une croix nue sans mort qui viveretouche au calvinisteprès d'un paravent d'ormesl'Oise lavée de pluie traversée de soleildonnait à l'herbe des frissonsun pan de ciel restait plus droit que la Réformeles lignes de nos mains couvraient les autresretouche au caniveauenfance aux bateaux de papiertirés de journaux de financegrands allumeurs du feu des bûchesrues sans égouts de préférenceil y venait aussi des fils de richesretouche à la cheminéepour les monnaies du papele vase épuise l'eau du haut miroirau cartel l'heure dit son chapeletle feu se rit de tout celaretouche à la chutel'ombre va vers la porteet reste interditetant l'été chante à tue-têtesur la plaine la forêt fait tapisseriele soleil heurte une branche et meurt fouretouche au cimetièrele soleil a mis sa chemise bruneau mur de la mémoire entourant le champ closles mots purs et de moins chastes s'effritentet les fourmis sur les dalles s'évitentl'herbe même se couche et cherche le reposquelle aube enfant naîtra sans jeux nocturnesretouche au cirquelas du globe en tournis sur l'index du dieu tristeles astres endormis sur les gradins du cielvoient les chevaux du rêve écarteler la nuitd'un seul coup de balai l'aube nettoie la pisteretouche au compagnonun peu d'herbe et trois pierresci-gît le rêve et je l'ai bien connuil se contentait d'un ciel nusans trace de prière
S'identifier pour envoyer des commentaires.

Autres contributions de...

Plus d'informations sur Daniel Boulanger