Le Mur de Berlin, 13 août 1961-9 novembre 1989
EAN13
9782709627375
ISBN
978-2-7096-2737-5
Éditeur
Lattès
Date de publication
Collection
ESSAIS ET DOCUM
Nombre de pages
622
Dimensions
23 x 15 x 0 cm
Poids
694 g
Langue
français
Langue d'origine
anglais
Code dewey
943.155
Fiches UNIMARC
S'identifier

Le Mur de Berlin

13 août 1961-9 novembre 1989

De

Traduit par ,

Lattès

Essais Et Docum

Offres

e9782709643146_cover.jpge9782709643146_pagetitre01.jpg

TABLE DES MATIÈRES

Carte
Schéma d'un secteur duMur
Introduction : Vingt ans après
Préface : Bienvenue au Mur
SABLE
1. La ville de marais

www.editions-jclattes.fr

Titre de l'édition originale
The Berlin Wall, 13 august 1962-9 november 1989
Publié par Bloomsbury

Cartes : © John Gilkes

Extraits :

Die Jahrede Kommune I. Berlin 1967-1969 by Ulrich Ezensberger © 2004 by Verlag Kiepenheuer & Witsch, Köln

Extrait de Deutschland, deutschland : Kurze geschichte einer geteilten Nation© Claus Christian Malzahn

Extrait de Driving the Soviets up the Wall by Hope M. Harrison, reproduits avec l'autorisation de Princeton University Press

© 2006 by Frederick Taylor.

© 2009, éditions Jean-Claude Lattès pour la traduction française.

ISBN 978-2-7096-4314-6

À mon père
Thomas George Arthur Taylor,
1909-1961

« Les autorités gouvernementales et militaires de la République Fédérale allemande, en usant de la tromperie, du chantage et de la corruption, incitent certains éléments installés en RDA à partir pour l'Allemagne de l'Ouest... les États membres du pacte de Varsovie ne peuvent pas ne pas prendre les mesures nécessaires pour assurer leur sécurité et, en premier lieu, la sécurité de la République Démocratique allemande, et cela dans l'intérêt du peuple allemand lui-même. »

— Déclaration des membres du Pacte de Varsovie, publiée à 1h 11 du matin, le samedi 13 août 1961, alors que les premiers barbelés étaient mis en place le long de la frontière entre Berlin-Est et Berlin-Ouest

« Tout l'automne, raclements et secousses
d'une guerre nucléaire ;
nous avons parlé de notre extinction à la mort. »

Robert Lowell, Fall 1961

Ce qui résultait le plus souvent, dit Austerlitz, du recours à des mesures de fortification, marquées en général par une tendance à la paranoïa, c'est que vous attiriez l'attention sur votre point le plus faible.

W. G. Sebald, Austerlitz

« Alors... ils ont construit le Mur pour empêcher les gens de fiche le camp, et maintenant ils le démolissent pour empêcher les gens de fiche le camp. Vous parlez d'une logique ! »

Un consommateur anonyme dans un bar
de Berlin-Est, juste après la chute du Mur,
novembre 1989

e9782709643146_i0001.jpg

e9782709643146_i0002.jpg

Introduction

Vingt ans plus tard

Le lundi 9 novembre 2009 verra le XXe anniversaire de la nuit dramatique où s'ouvrit une brèche dans le mur de Berlin, symbole de la division de l'Allemagne et du monde entre capitalisme et communisme. Soudain, la guerre froide était terminée.

Vingt ans, un chiffre rond qui correspond à une génération. Comme lorsque nous fêtons nous-mêmes notre vingtième anniversaire, nous pouvons encore espérer une foule de choses, mais, pour la première fois peut-être, nous sommes déjà en mesure de tirer un enseignement du passé. Le monde de l'après-guerre a atteint désormais cet âge charnière de la maturité.

1989 marqua l'effondrement rapide d'un régime, le système marxiste-léniniste dominé par les Soviétiques, et le triomphe apparent d'un autre, le modèle du capitalisme corporatif américain. Je dis « apparent » car, au gré d'une coïncidence manifeste bien que troublante, ce modèle est aujourd'hui remis en cause par une grave crise économique et politique imprévisible deux décennies plus tôt.

Rares furent alors ceux qui abondèrent dans le sens des commentateurs percevant dans la chute du mur de Berlin et dans la mort consécutive du communisme européen « la fin de l'histoire ». La plupart d'entre nous osèrent espérer la paix, une relative abondance et une collaboration véritable entre les peuples pour résoudre les problèmes de la planète. Telle était la récompense que nous estimions mériter pour nous être battus durant plus de quarante ans, au cours desquels la menace de la destruction nucléaire et la restriction des libertés humaines s'étaient dressées tels de sinistres barrages en travers de notre horizon psychologique. Nous espérions que les choses seraient différentes, et ce fut le cas. C'était tout au moins l'impression qui prévalait en ce joyeux automne 1989.

Cette année, au-delà de cet anniversaire – pour poursuivre la métaphore –, nous subissons aussi l'anxiété du jeune adulte face à un avenir où les illusions de l'adolescence s'estompent, tandis que la complexité de l'existence se fait tristement jour dans toute son ampleur. Ce n'est pas un sentiment agréable, surtout après de grandes espérances.

Nous serions même tentés d'éprouver de la nostalgie pour l'époque de la guerre froide. L'Armageddon nucléaire était une menace constante, c'est un fait. Pourtant, si nous ignorions cette donnée (ce que la plupart d'entre nous parviennent à faire, inexplicablement), sur le plan pratique, la vie était alors relativement prévisible et sûre. Tant à l'Est qu'à l'Ouest.

Au sein de l'Allemagne moderne, réunifiée, s'est profilé un phénomène baptisé Ostalgie, associé à des regrets du mode de vie simple mais sécurisant de l'ère communiste. La sécurité de l'emploi, un toit fourni par l'État, de sympathiques camps de jeunesse, une solidarité sociale bureaucratique, mais néanmoins véritable. Lorsque les natifs de l'ex-RDA se plaignent de ce qu'ils ont perdu, leurs compatriotes occidentaux les qualifient de Jammerossis (Geignards de l'Est). En contrepartie de quoi, bien évidemment, ces derniers les traitent de Besserwessis (jeu de mots signifiant « Occidentaux qui croient tout savoir »). Vingt ans après la réunification, lesdits Occidentaux continuent à reprocher à leurs compatriotes de l'Est de refuser de travailler dur et d'assumer pleinement la responsabilité de leur existence, plutôt que de compter sur l'État pour qu'il s'occupe de tout. Ces deux catégories fictives sont des clichés, mais, comme tous les clichés, ils recouvrent une réalité concrète – en l'occurrence l'antagonisme entre deux conceptions distinctes du monde, issues des expériences respectivement acquises au cours de la période intense et radicale de quarante ans où l'Allemagne fut divisée entre l'Est et l'Ouest.

De tels conflits sont susceptibles de s'embraser à tout moment entre des individus en apparence policés. Lors d'une manifestation littéraire récente dans l'ancienne Allemagne de l'Est, l'une des premières consacrées à ce vingtième anniversaire 1989-2009, un vétéran de la presse est-allemande proclama amèrement – et, de l'avis général, à tort – qu'il n'avait jamais rencontré un Allemand de l'Ouest ayant versé un centime pour la reconstruction de l'ex-RDA, ce qui lui valut un torrent d'invectives de la part d'un journaliste de la télévision ouest-allemande, encore plus connu, qui ajouta quelques piques de son cru sur les manquements de l'attitude de l'Est vis-à-vis de l'Ouest. Il s'agissait là d'une prise de bec Ossi-Wessi caractéristique, en présence d'une vaste assemblée. Le lendemain, je croisai un historien allemand qui avait assisté lui aussi à l'altercation. Il me fit remarquer en souriant qu'en ma qualité d'observateur anglais des Allemands de l'Est et de l'Ouest, je devais me sentir comme un anthropologue enquêtant sur des querelles tribales. J'étais trop pressé pour lui signifier le fond de ma pensée, à savoir qu'il ressentirait probablement la même chose face à un Anglais et un Écossais en train de discuter pour savoir qui parasitait qui dans le partage des revenus du gouvernement britannique.

Quoi qu'il en soit, Ossi et Wessi reconnaissent indéniablement que la promesse du chancelier Kohl pendant la campagne électorale de 1990, la première depuis la réunification, de « paysages florissants » en Allemagne de l'Est n'a été, au mieux, que partiellement tenue. Même les nouvelles industries mises en place depuis 1989 se sont révélées chancelantes depuis le début des années 2000. À Dresde, par exemple, ville que je connais bien et que l'on s'accorde à considérer comme l'un des centres phares du dynamisme de l'ancienne RDA, l'industrie des puces informatiques, dont on attendait tant, semble en mauvaise posture. En mars 2009, Qimonda, l'un des principaux fabricants de puces, était déjà entre les mains d'administrateurs judiciaires, et une « restructuration » de l'ensemble du secteur avait commencé. De la même façon, dans l...
S'identifier pour envoyer des commentaires.

Autres contributions de...

Plus d'informations sur Philippe Bonnet
Plus d'informations sur Sabine Boulongne