Il fallait que je vous le dise

Il fallait que je vous le dise

Martin Winckler, Aude Mermilliod

Casterman

  • par
    29 mai 2019

    L'autrice de cette bande dessinée, Aude Mermilliod, a avorté. Après des années de réflexion et de recul, elle décide de raconter son parcours tant l'acte que les sentiments par lesquels elle est passée, avant et après.

    Puis, elle a rencontré Martin Winckler dont elle sait qu'il a pratiqué des avortements lorsqu'il était médecin, elle lui demande de raconter son histoire qu'elle dessine.

    Bande dessinée puissante, nécessaire, militante et tout à fait apaisée. La succession de l'histoire personnelle d'Aude Mermilliod et du témoignage de Martin Winckler lui donnent le côté universel qu'il aurait pu lui manquer avec la seule histoire de l'autrice. Les deux parties se complètent, se répondent et traitent de tous les aspects de l'avortement.

    C'est un ouvrage remarquable tant par le thème qu'il aborde frontalement, directement, sans détour mais sans voyeurisme que par le dessin et la mise en page. C'est un dessin simple, coloré, au trait clair et une mise en page qui joue avec les codes de la bande dessinée, parfois classique, parfois une grande case pour une page. Ce dessin très abordable par tous et très beau est aussi une force qui sert le propos, il pourra permettre à tous d'entrer dans l'ouvrage.

    Textes et dessins peuvent être crus mais jamais vulgaires. Descriptifs, détaillés pas seulement dans l'aspect technique, car les sentiments, les angoisses, les peurs des patientes sont décrits, représentés ainsi que le travail du médecin et de l'infirmière pratiquant l'avortement.

    Un album essentiel pour ne pas dire indispensable, à lire et faire lire très largement autour de soi.


  • par (Libraire)
    25 mai 2019

    Sincère et nécessaire

    Deux voix, celle d'Aude Mermilliod et celle de Martin Winckler, s'unissent afin que cet acte pas si banal retrouve de son humanité parce que chaque femme est différente, parce que chaque histoire est différente.


  • par (Libraire)
    15 mai 2019

    Raconter l'avortement

    Raconter son avortement, c’est ce que Aude Mermilliod souhaite nous dire dans sa deuxième BD. Elle le fait avec une franchise et une sensibilité totale. Un album remarquable à mettre entre les mains de toutes les femmes. Et de tous les hommes.

    IVG, trois lettres qui claquent comme un slogan en cette période où ce droit chèrement acquis par les femmes est de plus en plus remis en cause. Au delà de ce combat, on oublie souvent l’acte médical lui même et les conséquences psychologiques qui en résultent. Car l’IVG n’est pas anodin, neutre, et Aude Mermilliod qui y'a eu recours en 2011, témoigne ici de toutes les souffrances et des incompréhensions qui l’ont assaillie, et l’assaillent encore. Dans cet album, elle raconte « ce foutoir émotionnel que nous procure cette possibilité d’avoir ou non un enfant » et « d’entrer dans les zones d’ombre dont ne parle pas assez ».

    Les deux regards conjugués de Aude Mermilliod et de Martin Winckler, composent une mosaïque où les slogans n’ont pas cours, où les simplifications sont écartées. Ils racontent ce qui est rarement dit avec délicatesse et intelligence. Une formidable BD où la dessinatrice nous invite, comme sur la couverture, à prendre notre souffle, pour écouter la voix des femmes. « Il fallait que je vous le dise », un titre en forme de nécessité.

    Coup de coeur d'Eric